Sueur artificielle & transpiration
La sueur artificielle est une solution aqueuse définie reprenant les sels, l'urée et l'acide lactique de la transpiration humaine. Les laboratoires l'emploient pour répondre à trois questions distinctes, chacune avec sa norme, et se tromper de norme invalide le résultat.

Quelle norme s'applique à votre essai ?
Libération du nickel. Le règlement REACH annexe XVII (entrée 27) impose qu'un article en contact direct et prolongé avec la peau libère moins de 0,5 µg de nickel par cm² et par semaine, ou 0,2 µg/cm²/semaine pour les tiges insérées dans les oreilles percées. EN 1811 est la méthode de référence pour les bijoux, piercings et articles en contact cutané, son domaine d'application exclut explicitement la lunetterie. Les articles revêtus ou plaqués passent normalement d'abord par la simulation d'usure et de corrosion de EN 12472, puis sont éprouvés selon EN 1811 sur l'échantillon vieilli : c'est ce couple qui sert à évaluer la conformité. Pour les montures de lunettes et lunettes de soleil, la méthode européenne de référence est EN 16128, celle à laquelle renvoie ISO 12870.
Solidité des coloris à la transpiration. ISO 105-E04 évalue si un textile ou un cuir dégorge ou change de nuance dans la sueur, au moyen d'une solution acide à pH 5,5 et d'une solution alcaline à pH 8,0, avec un témoin multifibre sous charge dans un perspiromètre. AATCC 15 est l'équivalent américain, acide seulement. Si vous exportez aux États-Unis, les deux vous seront demandés.
Corrosion et ternissement. ISO 3160-2 est un milieu de corrosion accélérée pour les boîtiers de montre en alliage d'or : environ quatre fois plus salé que la sueur humaine, avec du chlorure d'ammonium et quinze fois l'acide lactique, et aucun acide aminé. Il vaut la peine de savoir ce qu'il n'est pas. Une sueur eccrine physiologique, porteuse d'acides aminés et de métabolites, est le fluide qui produit un relargage métallique représentatif et les essais de capteurs ; aucune norme ne la définit, et nous ne la fournissons pas : si c'est ce qu'exige votre protocole, dites-le et nous la chiffrons en formulation sur mesure. DIN 53160 n'appartient à aucun des deux : son simulant de sueur est celui d'EN 1811.
Chaque solution est fabriquée à la commande à Toulouse, sans azide, et livrée avec un certificat d'analyse indiquant le pH mesuré face à la spécification. Le pH est ajustable dans la plage autorisée par la norme, sans minimum de commande, utile quand votre protocole fixe une valeur absente du catalogue.
Ce que les laboratoires nous demandent
Le nickel de la sueur elle-même pénalise-t-il un résultat EN 1811 ?
Non. EN 1811 quantifie contre des blancs : le nickel propre au milieu est corrigé du résultat. Il pèse en revanche sur votre limite de détection et votre budget d'incertitude, ce qui tranche les articles limites face aux 0,2 µg/cm²/semaine que REACH annexe XVII impose aux tiges de piercing. Notre sueur EN 1811 porte son bruit de fond métallique mesuré sur le certificat de lot : vous inscrivez une valeur, pas une hypothèse.
Quel volume consomme une campagne EN 1811 ?
Le calcul porte sur la surface exposée, pas sur le nombre d'articles : 1 mL par cm², 168 h à 30 °C. Dix bagues de 8 cm² font 80 mL, le double pour un jeu en duplicat. Les pièces revêtues ou plaquées sont d'abord vieillies par EN 12472 puis testées vieillies : prévoyez deux jeux d'éprouvettes et le double du volume. Le sélecteur de volume fait le calcul.
Solidité des coloris : ISO 105-E04, AATCC 15, ou les deux ?
Les deux, si vous exportez. ISO 105-E04 se conduit dans deux milieux, acide à pH 5,5 et alcalin à pH 8,0, avec un tissu témoin multifibres sous charge en perspiromètre. AATCC 15 est la méthode américaine que votre client aux États-Unis réclamera nommément. Les deux résultats ne sont pas transposables : les exportateurs de textile et de cuir gardent donc les deux fluides plutôt que de trancher.
Pourquoi la sueur ISO 105-E04 est-elle datée trois mois quand le marché en affiche six ?
Parce que ces six mois sont annoncés à 2-8 °C, alors que la nôtre voyage et se conserve à température ambiante. Les solutions ISO 105-E04 contiennent de l'histidine, qui est une source de carbone assimilable, et aucun conservateur, parce qu'un biocide dans un fluide qui sert à juger un transfert de couleur est une variable dont personne ne veut. Trois mois à l'ambiant, c'est ce que cette combinaison tient réellement. La solution EN 1811, sans histidine, en tient six.
Pouvons-nous la vérifier sur notre propre instrument avant de commander ?
Oui, 30 mL avec un certificat spécimen, en lettre suivie. Sur cette famille, ce qui mérite d'être vérifié en premier est le bruit de fond métallique : passez l'échantillon en blanc sur votre ICP-MS et voyez s'il vous laisse la marge qu'exige votre budget d'incertitude à 0,2 µg/cm²/semaine.


